Des parcours individualisés de mobilisation vers l’activité

Amélie ChapetDEFFINOVLeave a Comment

Le consortium : l’arETE, Le café des pratiques, l’AFPA, l’école des pratiques

À Besançon, le projet DEFFINOV« Des parcours individualisés de mobilisation vers l’activité » démontre qu’un tiers-lieu est bien plus qu’un simple espace partagé. Il accompagne des personnes éloignées de l’emploi ou de la formation à travers des expériences concrètes, créatives et collectives.

Reprendre confiance par le faire

Le projet s’adresse à des publics aux parcours très divers : jeunes décrocheurs, personnes en reconversion, personnes en situation de fragilité psychique, bénéficiaires de minima sociaux ou encore demandeurs d’emploi de longue durée.

Ici, la remobilisation passe avant tout par l’action. Les participants sont invités à prendre part à des activités de fabrication, de création, d’entraide ou de bénévolat. L’objectif n’est pas seulement d’acquérir des compétences, mais aussi de retrouver un rythme, de reprendre confiance dans ses capacités et de renouer avec les autres.

Comme le souligne le consortium, les gestes du « faire ensemble » permettent à chacun de tester ses capacités à son rythme dans un environnement bienveillant et sans jugement.

Un tiers-lieu ancré dans son territoire

Le projet s’appuie sur un large réseau de partenaires du bassin bisontin : France Travail, Mission Locale, Soleris, les structures médico-sociales, les établissements scolaires et de nombreux acteurs associatifs et culturels.

Cette dynamique s’exprime également hors les murs. Entre janvier et mai 2026, les équipes de L’arÊTE ont animé 13 ateliers de fabrication dans différents lieux du territoire, touchant près de 250 personnes autour de pratiques telles que la mosaïque, la sculpture ou encore le furoshiki à partir de matériaux récupérés. Parallèlement, les dispositifs mobiles du tiers-lieu ont participé à 11 événements, permettant de rencontrer plus de 200 habitants.

La Petite Usine : apprendre en faisant

Au cœur du projet se trouve la « Petite Usine », un espace où les participants se retrouvent régulièrement pour fabriquer ensemble, apprendre, échanger et développer leurs compétences. En 2026, 27 séances ont déjà été organisées.

Ces temps collectifs permettent de travailler la ponctualité, la concentration, l’entraide et la persévérance, autant de compétences essentielles pour accéder à l’emploi ou à une formation qualifiante.

Les participants découvrent également différents univers professionnels : céramique, cuisine, couture, animation, création sonore, mosaïque ou encore fabrication artisanale.

L’art comme levier de remobilisation

L’une des spécificités du projet est d’utiliser la création artistique comme support d’accompagnement. Spectacles de marionnettes, expositions collectives ou dispositifs participatifs mobilisent les participants autour de projets concrets qui développent l’estime de soi, la coopération et l’engagement.

Pour le consortium, ces projets artistiques ne constituent pas des activités annexes mais de véritables outils pédagogiques favorisant la remobilisation et l’insertion.

Des parcours qui débouchent sur des projets concrets

Au-delà de l’accompagnement, les résultats sont tangibles. Plusieurs bénéficiaires ont pu intégrer une formation, retrouver un emploi ou construire un nouveau projet de vie.

Les parcours évoqués illustrent cette diversité :

  • entrée en formation BPJEPS après un accident du travail ;
  • orientation vers le secteur de l’insertion par l’activité économique ;
  • reprise d’études dans un micro-lycée ;
  • accès à un emploi dans la restauration ;
  • reconversion professionnelle après un burn-out ;
  • accompagnement vers des projets artistiques et culturels.

La formation« Coup de Pouce en pratiques », développée par l’École des pratiques, affiche notamment un taux de satisfaction de 100 % sur les sessions réalisées et aucune sortie prématurée. Plusieurs bénéficiaires ont ensuite accédé à un emploi, une formation qualifiante ou une reconversion professionnelle.

Un modèle à consolider

Après trois années d’expérimentation, l’un des principaux enseignements du projet est que le tiers-lieu permet de toucher des publics que les dispositifs classiques peinent parfois à mobiliser. Les pratiques créatives apparaissent comme un puissant levier de remobilisation et les partenaires du territoire identifient désormais le lieu comme une véritable ressource d’orientation et d’accompagnement.

L’enjeu pour les années à venir sera de consolider le modèle économique et de pérenniser les coopérations développées dans le cadre de DEFFINOV afin que ce tiers-lieu apprenant continue d’offrir des parcours sur mesure aux habitants du territoire bisontin.

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